Les outils indispensables
Une CPTS manipule deux types d’information très différents, qui n’appellent pas les mêmes outils : les informations de l’association (membres, adhésions, réunions, indemnités, communication) et les données de santé des patients (parcours, orientations, situations complexes).
| Besoin | Ce qu’il faut | Type d’outil |
|---|---|---|
| Annuaire des professionnels | Qui exerce où, quelle profession, qui est adhérent, qui accepte de nouveaux patients. | Logiciel de gestion de CPTS, avec un annuaire public pour les habitants |
| Messagerie sécurisée | Échanger sur un patient entre professionnels, en toute légalité. | Messageries sécurisées de santé (espace de confiance MSSanté) |
| Partage d’informations sur les patients | Suivre un parcours à plusieurs, partager un plan de soins. | Dossier médical partagé (Mon espace santé), outil régional de coordination (programme e-parcours) |
| Gestion des adhérents | Adhésions, cotisations, attestations, renouvellements. | Logiciel de gestion de CPTS ou d’association |
| Suivi des actions | Réunions, présences, indemnisations, justificatifs, chiffres pour le rapport. | Logiciel de gestion de CPTS, à défaut un tableur rigoureux |
| Site internet et communication | Informer les habitants, recruter les professionnels, publier les actualités. | Site de la CPTS, lettre d’information |
| Comptabilité et paie | Tenir les comptes, payer les salariés. | Expert-comptable et son logiciel |
| Réunions à distance | Bureau et groupes de travail sans déplacement. | Visioconférence |
Protection des données de santé : RGPD, hébergement, consentement
La CPTS est responsable des traitements de données qu’elle organise : fichier des membres, annuaire, et le cas échéant données de patients dans le cadre des parcours. Les données de santé sont des données sensibles au sens du RGPD : leur traitement est encadré et leur hébergement aussi.
Les obligations à connaître
- Le registre des traitements : une fiche par usage (adhérents, annuaire public, lettre d’information, parcours patients), avec la finalité, les données, les destinataires et la durée de conservation.
- L’information des personnes : membres, patients et visiteurs du site savent ce que vous faites de leurs données et comment exercer leurs droits.
- L’hébergement certifié HDS : tout prestataire qui héberge des données de santé pour le compte de la CPTS doit être certifié hébergeur de données de santé (article L1111-8 du code de la santé publique).
- L’analyse d’impact (AIPD) : obligatoire pour un traitement de données de santé à grande échelle ; à évaluer dès qu’un parcours concerne de nombreux patients.
- Le délégué à la protection des données : à désigner si la CPTS traite des données de santé à grande échelle ; utile dans tous les cas, éventuellement mutualisé.
- La sécurité : accès nominatifs, droits limités au besoin, mots de passe solides, sauvegardes.
Le consentement et l’information du patient
Les professionnels d’une même équipe de soins peuvent partager les informations strictement nécessaires à la prise en charge du patient, qui sont alors réputées confiées à toute l’équipe ; le patient en est informé et peut s’y opposer. Entre professionnels qui n’appartiennent pas à la même équipe de soins, le partage requiert son consentement préalable (article L1110-4 du code de la santé publique). Une CPTS n’est pas en soi une équipe de soins : dans un parcours, prévoyez une information écrite simple remise au patient, et tracez son accord quand il est requis.
Choisir ses outils : critères, coûts, erreurs à éviter
Les critères
- Conçu pour une CPTS : missions, adhésions, indemnisation, vocabulaire de l’ACI. Un outil générique se paie en paramétrage et en contournements.
- Simple pour les professionnels : aucune installation, utilisable sur téléphone, sans formation. S’ils doivent apprendre un logiciel, ils ne viendront pas.
- Simple pour le coordinateur : moins de ressaisie, moins de tableurs, des exports prêts pour le rapport.
- Conforme : hébergement en France ou dans l’Union européenne, sous-traitants listés, contrat de sous-traitance RGPD ; certification HDS si l’outil héberge des données de santé.
- Réversible : vos données s’exportent à tout moment, dans un format ouvert.
- Soutenu : une assistance qui répond, et un produit qui évolue.
Les coûts
Comparez le coût total : l’abonnement, mais aussi le temps de paramétrage, de formation et de ressaisie, et le prix d’une sortie (export, migration). Un outil gratuit qui coûte deux heures de coordinateur par semaine est cher. Méfiez-vous des développements sur mesure : ils coûtent à la création, puis à chaque évolution, et dépendent souvent d’une seule personne.
Les erreurs à éviter
- Empiler les outils : un pour le site, un pour les adhésions, un pour l’agenda, un tableur pour les indemnités. Chaque outil de plus est une ressaisie et un mot de passe de plus.
- Choisir seul : faites tester l’outil par un professionnel de chaque profession et par le coordinateur.
- Négliger la sortie : vérifiez l’export avant de signer.
- Mélanger les usages : l’outil de l’association n’est pas une messagerie de santé, et inversement.
- Attendre l’outil parfait : un outil adopté par tous vaut mieux qu’un outil complet que personne n’ouvre.
Sources
- Légifrance : article L1111-8 du code de la santé publique (hébergement de données de santé)
- Légifrance : article L1110-4 du code de la santé publique (secret et partage d’informations)
- CNIL : les données de santé en pratique
- CNIL : RGPD et professionnels de santé libéraux
- Agence du numérique en santé : échanger en sécurité avec MSSanté
Textes et montants vérifiés à la date de mise à jour du guide. Les règles évoluent : vérifiez la version en vigueur avant toute décision.
